09.11.2009
De la chute du mur de Berlin...
« Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont des citoyens de Berlin, et c’est pourquoi, en tant qu’homme libre, je suis fier de déclarer : Ich bin ein Berliner » (John Fitzgerald Kennedy). Il y a vingt ans le mur de Berlin tombait. Tout un système s’apprêtait à s’effondrer.
Pourquoi le mur de Berlin a-t-il été érigé ? Dans un premier temps, ce sont ceux qui avaient le plus à perdre qui quittèrent l’URSS : les forces vives, les jeunes actifs, les intellectuels, les ingénieurs, les jeunes diplômés. Quoi de plus normal quand on vit sous un régime totalitaire où la spoliation est normale, où l’état confisque le liberté de penser, de créer, d’entreprendre…
C’est un exemple de vote par les pieds : quand les gens tentent par tous les moyens de fuir, risquant leurs vies, c’est bien là le signe d’un rejet du système en place. Mais l’Union Soviétique ne pouvait pas se passer in fine de ses forces vives, d’où la solution de rendre hermétique les frontières.
Quand les forces vives ont fuient, quand les plans ont échoué, quand la collectivisation de toute la société a montré ses limites, il était temps de faire tomber ce mur de la servitude et de l’oppression. Toute l’idéologie communiste allait s’effondrer avec lui en quelques années.
La constitution de la Vème République rappelle son attachement à quelques textes fondamentaux, notamment au préambule de 1946. Ce fameux préambule de 1946 commence ainsi : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine ». Les communistes représentent, à la sortie de la deuxième Guerre Mondiale, deux tiers des suffrages. Cette référence aux « peuples libres » est clairement une référence à tous les vainqueurs de la guerre, notamment à l’URSS, puisqu’il proclame dans son article deux des principes « particulièrement nécessaires à notre temps », c’est donc qu’il faut replacer ce texte dans son contexte historique. Ce n’est pas au lendemain de la victoire de la liberté, mais des « peuples libres » qu’on proclame ces nouveaux droits. Un peuple peut effectivement librement choisir d’être en servitude. On notera également que les constituants de 46 et de 58 ont estimé qu’il était nécessaire de proclamer en préambule de deux constitutions des principes « kleenex », « nécessaires à notre temps » sous-entendu quand le temps sera passé ils ne seront plus nécessaires.
Nous n’en avons pas forcément conscience, mais il est inscrit implicitement en préambule de notre constitution qu’en URSS les peuples étaient libres, le régime n’asservissait ni ne dégradait la personne humaine… absolument pas. Ce n’est pas du négationnisme, c’est même sacralisé dans notre texte le plus fondamentale : La Constitution.
Le communisme est un système en totale opposition avec les droits de l’homme tels qu’ils ont été proclamés en 1789. Et c’est là tout le cœur de la crise de nos institutions qui sont fondées sur des principes complètement contradictoires : Ceux de 1789 et ceux de 1946. On ne peut pas dire aux individus qu’ils sont libres et décider à leur place. On ne peut pas, d’un côté prôner la liberté sociale et de l’autre planifier l’économie. De même qu’on ne peut pas prôner la liberté économique et la planification de la société. Le libre échange, c’est d’abord laisser aux individus la possibilité de choisir. Le marché permet de s’adapter en fonction des besoins des individus par la libre concurrence. Dans une économie monopolistique, ce sont les individus qui doivent s’adapter aux choix d’un petit nombre de gens qui décident et planifient au nom de l’Etat.
Aujourd’hui encore il y en a qui pensent que les hommes sont fondamentalement mauvais, qu’ils courent à la destruction de l’humanité. L’homme serait profondément égoïste, trop ignorant pour savoir ce qui est bon pour lui, incapable de ressentir lui-même la compassion, incapable de faire preuve de solidarité. Pour nous guider vers le droit chemin, une poignée d’illuminés s’élèverait au-dessus de nous, cette masse molle qu’est le peuple et aurait pour mission de nous sauver tous, bande d’ignares, de notre propre perte. Nous, les hommes, serions des moutons et il nous faudrait un berger !
Je suis de ceux qui ont assez d’humilité pour ne pas se prendre pour Dieu à vouloir guider l’humanité vers tel ou tel idéal. Je suis de ceux qui croient en l’humanité.
Notre Vème République est fondée sur un héritage socialo-communiste qui n’est plus de ce temps. L’Etat doit gouverner et non plus administrer la société. Il faut rendre à la société civile toute sa place. Il est temps de faire tomber le mur de Berlin qui gangrène nos institutions et d’appeler une VIème République fondée sur la Liberté, la Responsabilité et la Justice.
Thibaud DENOLLE
11:42 Ecrit par Thibaud | Lien permanent | Commentaires (0) |
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