22.12.2009

Du courage...

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Mr de Villepin s’exprimait dans le Figaro le 18 décembre dernier. Trois points ont retenu mon attention :

 

 

D’abord il se félicite du sens des responsabilités des dirigeants des grands pays et des autorités monétaires. Les remèdes apportés par nos « sauveurs » seront aussi inefficaces que par le passé. Quand la prochaine bulle éclatera, accusera-t-on encore le libéralisme de tous les maux ? De nouvelles régulations auront été mises en place, elles auront encore une fois montré leurs limites. Une nouvelle bulle se créera et éclatera.

En abordant le problème d’un point de vue idéologique : pourquoi un petit nombre de personne (législateur sauveur) aurait un comportement plus sage que les milliards d’individus que nous sommes ? D’un point de vue pragmatique : les banques centrales (qui sont à la solde des Etats) ont poussé les acteurs à consommer en fixant des taux directeurs extrêmement bas : une croissance artificielle génératrice de bulles spéculatives. Les Etats dans leur réponse néo-keynésienne poussent les banques à prêter et les particuliers à consommer pour « sauver » l’économie. Mais tout cela n’est que de la poudre aux yeux et l’histoire se répètera.

Si on laissait les acteurs libres d’évaluer eux-mêmes quelle partie de ce qu’ils gagnent ils préfèrent consommer et quelle partie ils préfèrent épargner, ils épargneraient plus et les investissements seraient alimentés par l’argent sain des épargnants ; pas par celle virtuelle crée par les banques centrales. Notre modèle de croissance est basé sur la consommation de masse. Les Etats poussent par des régulations les acteurs à consommer, en faussant l’ordre spontané d’équilibre entre épargne et consommation. Nous sommes dans l’air du surendettement et nous ne sommes pas prêts d’en sortir vu les orientations prises par nos gouvernants.

L’Homme est parfois cupide pris en tant qu’individu, mais il se montre parfois complètement amnésique…

 

 

Pour relever le défi du rebond économique, M. de Villepin propose trois axes de travail :

 

Une garantie de la protection sociale en élargissant le financement aux revenus du capital. Je lui proposerai quelques mesures un peu plus courageuses pour relever les défis de demain :

>Allonger et améliorer la durée d’indemnisation des périodes de chômage pour éviter la peur du déclassement.

>Changer le mode de financement de la protection sociale en transférant la CSG et la CRDS qui pèsent sur l’emploi, poussent à la délocalisation et pénalisent les exportations (donc la compétitivité de nos entreprises), par la mise en place d’une TVA sociale. Augmentation qui mettra aussi à contribution les importations. Les prix hors taxes baisseront, ce qui augmentera le pouvoir d’achat des français et compensera l’augmentation de la TVA.

>Supprimer l’ISF qui est un impôt contre-productif (il coûte plus qu’il ne rapporte), Supprimer le bouclier fiscal, supprimer les niches fiscales.

>Instaurer une flat-taxe à 20% pour l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés.

 

Combattre les déficits en révisant la constitution comme en Allemagne. Cela peut-paraitre sympathique mais la première solution qui me vient à l’esprit pour combattre les déficits serait plutôt : dépenser moins et gagner plus.

Pour gagner plus, il suffit de libérer la croissance, en libérant les talents. La flat-taxe créera une relation de gagnant-gagnant entre l’Etat et les entreprises.

Pour dépenser moins, il faut d’abord rendre les collectivités autonomes fiscalement pour mettre les élus face à leurs responsabilités. Ensuite il faut réduire les dépenses de fonctionnement : une flat-taxe simplifiera grandement le travail du trésor public. La fin des clauses de compétences générales des collectivités permettra aussi de mettre fin aux enchevêtrements de compétences et donc de faire un même travail deux fois. La réforme étudiée par le gouvernement va dans ce sens.

           

            Le chantier de la compétitivité qu’il évoque pourra aussi être entamé par la réforme fiscale indispensable à la libération de la croissance.

                        Les charges sociales et patronales seraient transférées vers la TVA sociale. Ceci augmentera la compétitivité en baissant les coûts de production et en faisant peser également sur les importations notre couverture sociale. Cela ressemble un peu à du protectionnisme mais les français ne sacrifieront pas leur modèle de protection sociale.

            M. de Villepin veut accompagner certains secteurs d’activités.

            Qui nous dit que demain ces secteurs ne seront pas obsolètes ? « Ayons le courage de planifier l'avenir grâce au pilotage public » Du courage, c’est le mot. Il en faudra effectivement pour réutiliser les recettes qui n’ont jamais marché…

            Un peu plus loin M. de Villepin veut mettre « en œuvre des pôles de compétitivités autour de la modernisation de grands champions nationaux ». Il ne faut pas que nos PME dépendent de nos « grands champions nationaux ». Que deviendraient nos PME quand les « champions » ne le seront plus ? Je les encouragerai pour ma part plutôt à diversifier à l’international leur clientèle pour réduire la dépendance malsaine à un client unique, source de servitude économique.

 

 

            Enfin M. de Villepin veut rééquilibrer les institutions et retrouver l’élan modernisateur du Général de Gaulle. N. Sarkozy, c’est le président qui s’est le mieux adapté à nos institutions : un régime hyper présidentiel… De Gaulle incarnait à lui seul l’Etat. C’est aussi lui qui voulait mettre fin au bicaméralisme, ce qui aurait rendu le régime encore plus présidentiel.

            On nous parle sans cesse d’équilibre des pouvoirs, entre le président et le parlement. Au fond, ce débat peut-être intéressant, mais si le parlement et le président vont dans la même direction, qu’est ce que ça change ? On omet souvent de débattre sur l’étendu des pouvoirs que l’on confère à l’état dans nos institutions… Si on veut limiter l’influence du président, réduisons ses prérogatives ! Le principale ennemi de l’homme n’est ni la tête ni la forme du pouvoir que lui confèrent les institutions, mais l’étendu que les individus sont prêt à abandonner.

 

 

            On voit mal quel élan modernisateur l’ancien premier ministre pourrait incarner dans un paysage politique ou le débat d’idées est figé. Une nation ou la droite et la gauche propose les mêmes réponses et se chamaillent sur la forme de la communication, sur des questions d’hommes et de petites phrases.

            J’ai une autre idée de ce que devrait être la politique et surtout de ce que ne devrait plus être la politique : Arrêtons de prendre les hommes pour des êtres cupides et sans morale, des êtres incapables de ressentir la compassion et d’exprimer par eux-mêmes la solidarité chère à tous, des êtres incapables de se projeter dans l’avenir, incapables de faire les bons choix. On ne construit pas une société équilibré et humaniste contre les hommes. Ces sont les Hommes qui la construiront demain par la naissance d’un ordre spontané.

Thibaud DENOLLE

15:09 Ecrit par Thibaud | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Bien vu ! Si l'on veut limiter les pouvoirs du président, limitons aussi les pouvoirs de l'état. Soyons minarchistes et revendiquons le fédéralisme intégral à tous les étages de la construction européenne: commune, région, Europe.

Claude Guillemain

Ecrit par : Claude Guillemain | 23.12.2009

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