13.10.2009
Frederic Mitterand et Jean Sarkozy...

"C'est un poids bien pesant qu'un nom trop tôt fameux". (Voltaire) Deux destins se croisent aujourd'hui au sein de la majorité et concentrent en ce moment l'attention des médias!
Je vais confesser un vice qui m’habite depuis tout jeune: Je ressens une aversion viscérale pour toute forme de lynchage médiatique. J’aime aussi me faire l'avocat du diable le cas échéant.
Ce sont deux cas complètement différents qu'il faut traiter séparément si l'on veut parler des personnes, mais ces « affaires » mettent surtout en lumière un problème plus profond !
Frédéric Mitterrand a 62 ans. Il est ministre de la culture et de la communication, écrivain et accessoirement homosexuel. Le procès qui lui est fait en ce moment est tout simplement honteux. Il est fait par ceux qui pensent encore que les homosexuels sont des gens malades. Ces gens soi-disant « bien pensant ». Une soi-disant morale qui ne cache pas l’intolérance profonde qui inspire les propos dont il a été la cible.
Jean Sarkozy a 23 ans. Il est élu au conseil général des Hauts-de-Seine et président du groupe UMP-NC-DVD de cette assemblée. Evidemment son ascension rapide peut ressembler à une certaine forme de monarchisme héréditaire. Mais c'est abaisser le niveau du débat très bas que de le juger sur son nom. Faire ce procès contribue à consacrer, sacraliser "la naissance".
Je ne pense pas qu'on soit allé mettre un couteau sous la gorge des électeurs... Si certains ont pensé qu'il était légitime pour les représenter, ce serait un déni de démocratie que de prétendre le contraire. On lui fait le reproche de la jeunesse, on dit que c'est un budget trop important pour quelqu’un "sans aucune compétence particulière". Cet argument est tout simplement ahurissant : Je serais très curieux qu’on fasse un bilan de compétence à chacun de nos élus ! Tout le monde sait très bien que ces postes de direction sont plus des postes de représentation, que les dossiers sont traités par des techniciens.
Mais plus globalement, je suis de ceux qui jugent les actes, les idées, les propositions… pas les hommes. Je n’ai aucune qualification pour le faire et la profession ne m’a jamais attiré.
Il y a une justice et même si elle est certainement perfectible je pense que dans l’ensemble elle fait son travail correctement. Si ces personnes ont des comportements répréhensibles, c’est à la justice de trancher. Si leurs actions politiques sont contestables, c’est aux électeurs de trancher.
Le problème de ces deux hommes est plus profond. Ces « affaires » montrent à quel point il est difficile d’être le « fils de » (ou neveu de). On peut choisir ses idées, ses combats… mais pas son nom.
Ces « affaires » montrent aussi à quel point le débat vole bas quand on n’a rien à dire et je ne pense pas qu’elles méritent un développement plus poussé.
Thibaud DENOLLE
21:57 Ecrit par Thibaud | Lien permanent | Commentaires (0) |
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