25.05.2009

De la condition des couples homosexuels...

flag.jpg« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »

C’est le premier article de la déclaration de l’homme et du citoyen, écrite en 1789. Ce texte fut l’un des plus influent de l’histoire. Si les droits civils se sont améliorés ces trois derniers siècles, les minorités sont restées très longtemps en marge des mutations de la société. Les homosexuels, par exemple, ont été discriminés pendant des siècles. Depuis la fin des années soixante, la question du statut des couples homosexuels a fait débat et leurs droits se sont améliorés en Europe.

 

Conservatismes…

 

L’évolution de la société est un combat permanent entre forces conservatrices et progressistes. L’Eglise a choisi depuis des siècles son camp. Son attitude sur la question homosexuelle a toujours été sans concession. Et c’est là, un exemple du combat ancestral entre le dogme et la raison. Il n’a jamais été question de marier des personnes de même sexe dans une église. Il s’agit juste de donner à des individus des droits naturels, les mêmes que n’importe quel citoyen. Mais l’Eglise mélange volontairement les questions civiles et religieuses, pour conserver son influence.

Thomas Jefferson et les pères fondateurs établirent la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dans le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis. Plus tard, le concept d’une société séculaire influença la France dans ses orientations, établissant la laïcité (loi de 1905).

Les hommes qui ont mené les structures des grandes religions ont toujours essayé de persuader les individus de la suprématie de leurs lois. En essayant de démontrer la divinité de leurs origines. Mais ces textes ont été écrits par des hommes qui voulaient surtout donner des valeurs et un sens moral à leurs contemporains. Dans le cas de l’Eglise Catholique, c’est toute l’ambiguïté entre la vie de Jésus et les lois décidées par les hommes influents de l’Eglise.

La vie de Jésus était complètement dévouée aux autres et en particulier aux exclus. Jésus expliqua que l’Amour de Dieu était inconditionnel. Il a passé sa vie avec des clochards, des prostitués et des femmes adultères : les parias de la société. L’Eglise décida de le proclamer fils de Dieu (lors d’un vote au premier concile de Nicée en 325 AP JC). En cela introniser Jésus, le Christ, au cœur de l’Eglise et de la vie des chrétiens. Les valeurs Judéo-chrétiennes régirent la civilisation occidentale pendant des centaines d’années.

Le Siècle des Lumières a vu la raison devenir la source légitime de l’autorité. Mais des siècles de croyances ne s’effacent pas si vite de l’inconscient collectif.

 

Un progrès pour chacun…

 

La société a vraiment commencé à prendre conscience de l’importance de la défense des droits des minorités à la fin du 20ème siècle : les Afro-Américains, Les gay et lesbiennes, les immigrés, les handicapés, les communautés religieuses…

Les Homosexuels ont aujourd’hui des droits similaires à ceux des hétérosexuels dans de nombreux pays occidentaux. Et même si certains processus prendront encore des années, même si les préjugés ne disparaitrons pas avant longtemps, au regard de la loi, de plus en plus d’individus sont égaux. Le mariage entre personnes de même sexe est autorisé en Suède, en Norvège, en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique… et l’union civile est autorisée dans des pays comme l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni…

Certains d’entre nous pourraient assimiler cela à une victoire de l’amour : Le cœur veut… Ce que le cœur veut ! Mais ce n’est pas seulement une victoire pour les gay et les lesbiennes. C’est une victoire pour la liberté, une victoire pour chacun d’entre nous. Les combats pour la défense des droits ont pris différentes formes ces derniers siècles.

Au cours du 18ème siècle, c’est le combat pour la liberté d’expression et de libre conscience qui permit la révolution française, cette fièvre qui se propagea dans le cœur des Européens. Et ce fut une victoire sur les despotismes. Une victoire pour les droits civiques des citoyens, le droit d’intervenir dans les choix de la société. Cette liberté acquise l’est au sens de démocratie, de République, de la Nation qui se gouverne. La révolution et l’évolution des sociétés occidentales permirent l’éclosion de droits fondamentaux individuels qui mirent fin à l’arbitraire, à l’autorité naturelle : le droit à la propriété, à la sureté, à la justice. Mais aussi des devoirs : la responsabilité de chaque individu devant ces actes … Ce qui permit à celui qui le voulait de devenir entrepreneur. La naissance du système libéral permit la révolution industrielle et l’amélioration des conditions de vie.

Au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle, la défense des libertés se muta en défense des droits des minorités. Dans des nations (plus ou moins) stables et prospères, les individus ont commencé à s’intéresser à la protection des différences entre les hommes et de leurs cultures. On peut y voir là une réaction à un monde se globalisant, que l’uniformisation pourrait menacer. Le concept de défense des libertés embrassait une nouvelle cause : Après la liberté de la nation qui se gouverne elle-même, après la liberté de l’individu à faire ses propres choix, la liberté de groupes d’individus à avoir leurs propres cultures. Sacralisant ainsi le droit à la différence. Ce qui est en totale contradiction avec toutes les campagnes d’uniformisation et d’imposition de pensées uniques entreprises par les différentes structures des grandes religions au cours des derniers siècles. Campagnes qui prirent souvent des formes terribles…

 

Mon propos n’est pas là de stigmatiser de manière caricaturale l’Eglise. Ni de refaire l’histoire des siècles plus tard. L’humanité a certainement eu besoin d’un cadre institutionnel tel que l’Eglise pour grandir, pour se donner des règles partagés par le plus grand nombre. Il a fallu invoquer le divin pour faire respecter certaines règles de vie élémentaire. Mais la démocratisation de l’éducation et de l’enseignement a permis au plus grand nombre de développer un certain sens critique. Aujourd’hui, il n’y a plus besoin d’invoquer Dieu pour faire respecter la loi.

Mon propos n’est pas non plus de critiquer la spiritualité. Et souvent des religions se sont retrouvés dans ce rôle de minorité que protège aujourd’hui la loi. Et c’est aussi pour garantir à chacun d’être libre de choisir, en âme et conscience, la voie qui lui semble la plus juste, que la séparation entre l’Eglise et l’Etat est primordial. Et l’Etat a un devoir moral de garantit des libertés individuels et d’égalité de droits et des devoirs pour chacun de nous, peu importe nos opinions, nos orientations et les choix que nous faisons.

 

Malgré les réticences conservatrices, un vent de liberté souffle sur le monde. Et même si les dogmes d’un autre âge assombrissent encore souvent l’humanité, la Liberté aura bientôt raison des croyances et des préjugés.

 

Thibaud DENOLLE

20:37 Ecrit par Thibaud | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

16.05.2009

Abus d'électoralisme...

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En 2007, F. Bayrou est le seul candidat à prôner une baisse des dépenses de l’Etat. Il était à mes yeux la seule alternative possible à un parti conservateur, et au parti socialiste le plus à gauche de toute l’Europe… tous deux très interventionniste.

 

Une grande partie de l’opinion publique s’accorde à penser qu’en 2007 N. Sarkozy a fait revenir dans le giron républicain le vote contestataire qui montait ces dernières années, en ramenant les problèmes d’insécurité au cœur du débat.

Mais qui a le plus profité de la chute du Front Nationale ? C’est F. Bayrou qui a repris la rhétorique de JM Le Pen sur la nécessité d’une 3ème voie : la fin de la main mise sur le pouvoir des deux grands partis de gouvernement. Et après avoir obtenu d’excellents résultats, avoir acquis une stature nationale incontournable, le Béarnais a désormais acquis la distinction très envié d’opposant numéro un au président de la République. Au nez et à la barbe des Besancenot, Royal et Villepin…

Pour cela, le président du MoDem  rends son discours encore plus populiste en caricaturant à l’extrême les faits et gestes du président et ses réformes. Après avoir usé jusqu’au bout la rhétorique de JM. Le Pen, voilà qu’il utilise aujourd’hui celle d’O. Besancenot et de l’extrême gauche.

 

Ou veux-t-il nous mener quand il encense cette phrase de Lacordaire : « c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit » ? La liberté serait cette « rupture avec le modèle républicain » ? La liberté en ennemi de la République, donc en ennemi de la Démocratie ; si l’on suit son raisonnement (erroné) dans lequel Démocratie et République sont synonymes. Si c’est la véritable opinion de F. Bayrou, c’est extrêmement dangereux. Une pensée qui va à l’encontre même des droits de l’homme. Quel plus grande humiliation pour l’homme que la privation de sa liberté ? Quel plus puissant bourreau pour la liberté qu’un pouvoir central tout puissant ? Qu’il vienne d’une multinationale en situation de monopole ou d’un état hyper interventionniste… Heureusement, il ne s’agit à mon avis là que d’un vile procédé électoral, un outil vieux comme le monde : la démagogie.

Stigmatiser et caricaturer le libéralisme qui soi-disant, viserait à cloisonner les classes sociales, à « rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvre». Je pensais que c’était l’apanage de l’extrême gauche. Pourquoi décrire le marché comme un endroit ou « les uns gagnent et les autres perdent » ? Si ce n’est pour attirer dans son giron encore plus de mécontents. Un marché, par définition, s’autorégule. Ces mécanismes tendent à un équilibre.

Dans son ouvrage, Bayrou endosse un nouveau maillot : le conservateur. Il défend maintenant corps et âmes notre modèle social, louant aujourd’hui l’égalitarisme. Ce modèle social qui a si bien réussi à couper tous les ponts qui pouvaient exister entre les classes. Ce modèle qui a si bien su laisser sur la touche les résidents de banlieues. Ce modèle qui a si bien su disqualifier les jeunes issus de milieux modestes en reléguant certaines de nos universités en deuxième division. Ce modèle qui a si bien su empêcher l’accès aux sans-diplômes aux emplois bien rémunérés. Ce modèle qui a si bien su smicardiser les Français en spoliant toujours plus les classes moyennes. Ce modèle qui a si bien su reléguer les seniors aux bancs des préretraités. Ce modèle qui a si bien bridé tant de talents, quand il ne les a pas poussé à s’expatrier.

 

 

Dans sa pléthore de convictions démocratiques, la critique du système Sarkozy est juste sur certains points. Il est fantasmagorique d’imaginer que par sa seule volonté, un seul homme pourra tout changer. Aux Etats-Unis, Obama n’a pas seulement été élu pour changer les choses. Il est surtout le résultat de l’évolution naturelle de ce pays, l’aboutissement de « l’American Dream » et des mutations dont cette société, dans toute sa diversité, est capable d’accomplir de grand. Le développement exponentiel des moyens de communications, par internet notamment, fera plus que n’importe quelle personnalité pour la promotion des valeurs démocratiques à travers le monde.

Dans sa critique du système egocratique de N. Sarkozy, à quoi pense F. Bayrou le matin en se rasant ? Lui, plus que n’importe quelle autre homme politique, a fait sienne l’idée d’ouverture. Son seul programme n’a jamais été plus loin que prendre des personnalités, des idées intéressantes, à droite et à gauche. Comment cet homme solitaire baserait sa politique lui qui n’a pas réussi à s’entourer ? Sur qui ? Et sur quelles idées ? Lui qui n’en a que trop peu…  Il a d’autres talents qui l’ont menés jusque là, notamment sa pugnacité. Mais ce n’est pas la force de ses propositions ! Comment pratiquerait-il différemment le pouvoir que l’actuel président ? Comment pratiques-t-il aujourd’hui le pouvoir au sein de son parti ? Et si la question semble à charge… Comment fonctionnerait le Modem sans François Bayrou ?

 

C’est un carton rouge qui devrait lui être donné de la part de tous les démocrates et de toutes les forces pro-européennes de ce pays. Il est en train d’essayer de transformer le scrutin européen en plébiscite contre la politique de N. Sarkozy. C’est le même argumentaire qui a conduit à l’époque au rejet de la Constitution Européenne. (Rédigé sous la présidence d’un certain V. Giscard d’Estaing…)

 

Les Français ont toujours brulé leurs idoles. Forcé de croire que Bayrou, s’il était au pouvoir, n’échapperait pas à cette règle. Le seul véritable changement interviendra quand on rendra aux individus les rênes de leurs destinées.

 

Thibaud DENOLLE

21:25 Ecrit par Thibaud | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook